Août 2017 - MEDITATION et Liberté Bouddhisme et Spiritualité

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Août 2017

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La connaissance de soi passe par l'action
Sans la connaissance de soi, l'expérience engendre l'illusion. Avec la connaissance de soi, l'expérience, qui est la réponse face à un défi, ne laisse pas derrière elle ces sédiments accumulés que sont les souvenirs.
La connaissance de soi est la découverte, d'instant en instant, du mécanisme de l'ego, de ses intentions et de ses visées, de ses pensées et de ses appétits. Jamais il ne peut y avoir d'un côté "votre expérience" et de l'autre "mon expérience". L'expression même de "mon expérience" prouve l'ignorance et l'acceptation de l'illusion.
Si l'on ne se connaît pas soi-même, quoi qu'on fasse, il ne peut y avoir d'état de méditation. J'entends par "connaissance de soi" celle de chaque pensée, de chaque état d'âme, de chaque sentiment - et non la connaissance de l'être suprême, de l'entité supérieure, qui n'existe pas ; car l'être supérieur, fait toujours partie intégrante de la pensée, qui est le résultat de votre conditionnement, la réponse de votre mémoire, immédiate ou ancestrale.
Il est essentiel de comprendre ce qu'est cette connaissance de soi : c'est simplement prendre conscience - sans la moindre notion de choix - du "moi" qui a sa source dans un paquet de souvenirs - en avoir simplement conscience, sans interprétation, en observant simplement le mouvement de l'esprit.
Toute relation est un miroir
La connaissance de soi ne dépend pas d'une quelconque formule. Peut-être cherchez-vous à vous connaître grâce à l'aide d'un psychologue ou d'un psychanaliste ; mais cela n'a rien à voir avec la connaissance de soi.
Celle-ci survient lorsque nous prenons conscience de nous-même dans la relation, révélatrice de ce que nous sommes, seconde après seconde. Toute relation est un miroir dans lequel nous nous voyons tels que nous sommes vraiment.
Or nous sommes pour la plupart incapables de nous regarder en face tels que la relation nous révèle, parce que nous nous mettons immédiatement à condamner ou à justifier ce que nous constatons. Nous jugeons, nous évaluons, nous comparons, nous nions ou nous admettons, mais jamais nous n'observons vraiment ce qui est : apparamment, c'est ce qu'il y a de plus difficile pour la plupart des gens ; et pourtant c'est par là seulement, que passe le commencement de la connaissance de soi.
Si l'on peut se voir tel qu'on est dans le miroir que nous tend toute relation, et qui nous renvoie une image fidèle, si l'on peut simplement plonger dans ce miroir un regard totalement attentif, et voir réellement "ce qui est", en être conscient, mais sans condamnation, jugement ni évaluation - en agissant comme lorsqu'on est animé par un intérêt passionné - alors on s'apercevra que l'esprit est capable de se libérer de tout conditionnement ; ce n'est qu'alors qu'il est libre de découvrir ce qui est au-delà du champ de la pensée.
En définitive, l'esprit, si érudit ou mesquin qu'il soit, est limité, conditionné, tant au niveau conscient qu'inconscient, et toute extension de ce condionnement reste toujours à l'intérieur des limites du champ de la pensée.
La liberté, c'est donc tout autre chose.
d'après un enseignement de Jiddu Krishnamurti (1895-1986)

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