L'interdépendance - MEDITATION et Liberté Bouddhisme et Spiritualité

Aller au contenu

L'interdépendance

Philosophie




L'INTERDEPENDANCE
de tous les phénomènes
ou
Inter-être

Cliquez sur l'image pour agrandir et lire le texte >>

Avoir une nouvelle perception du monde, c'est possible !

Si notre esprit assimile, que les phénomènes sont interdépendants, notre vie dans l'ici et maintenant, va se trouver transformée. Cette transformation va se traduire par une compassion irrésistible envers tous les êtres.




Si vous êtes poète,
vous verrez clairement un nuage...
... flotter dans cette feuille de papier...


Voyage avec une feuille de papier...

Sans nuage, il n'y aurait pas de pluie ; sans pluie, les arbres ne pousseraient pas, et sans arbre, nous ne pourrions pas faire de papier. Le nuage est essentiel pour que le papier soit ici devant nous. Sans le nuage, pas de feuille de papier.
Ainsi, il est possible de dire que le nuage et la feuille de papier "inter-sont". Le mot "inter-être" ne figure pas encore dans le dictionnaire, mais en combinant le préfixe "inter" et le verbe "être", nous obtenons un nouveau verbe, inter-être. Sans nuage, nous n'aurions pas de papier - nous pouvons donc dire que le nuage et la feuille de papier inter-sont.
En regardant encore plus en profondeur dans cette feuille de papier, nous y voyons aussi le soleil. Sans soleil, la forêt ne pourrait pousser. En fait, rien ne pourrait pousser, nous ne pourrions nous développer. Par conséquent, nous percevons aussi la présence du soleil dans cette feuille de papier. Le papier et le soleil inter-sont.
En continuant d'observer, nous découvrons également le bûcheron qui a coupé l'arbre et l'a amené à la fabrique de papier.

Et nous voyons aussi le blé : nous savons que cet homme n'aurait pu vivre sans son pain quotidien. C'est pourquoi le blé qui a servi à la confection du pain dont s'est nourri le bûcheron, est présent dans cette feuille de papier.

Et le père et la mère du bûcheron y sont également.

Si nous observons de cette manière, nous remarquons que, sans tous ces éléments, cette feuille de papier ne pourrait exister.  

En examinant encore plus profondément, nous y découvrons aussi notre présence.

Ce n'est pas difficile à voir : lorsque nous regardons cette feuille, celle-ci fait partie de notre perception. Votre esprit s'y trouve et le mien aussi.

Par conséquent, nous pouvons dire que tout est présent dans cette feuille de papier.

Il vous sera impossible de me montrer une seule chose qui n'y soit pas - le temps, l'espace, la terre, la pluie, les minéraux du sol, le soleil, le nuage, la rivière, la chaleur…
Tout coexiste avec cette feuille de papier.

Voilà pourquoi, je pense que le mot "inter-être" devrait être dans le dictionnaire. "Etre, c'est inter-être". Vous ne pouvez pas "être" simplement par vous-même. Vous devez forcément inter-être avec toutes les autres choses.
Cette feuille de papier est, parce que tout le reste est.

Supposez que nous essayions de retourner un seul de ces éléments à sa source. Supposez que nous renvoyions sa lumière au soleil. Pensez-vous que l'existence de cette feuille de papier soit alors possible : Non, sans la lumière du soleil, rien ne peut exister. Si nous retournions le bûcheron à sa mère, nous n'aurions pas non plus de papier.

Le fait est que cette feuille est uniquement constituée d'éléments "non-papier", et que, si nous retournions ces éléments "non-papier" à leurs sources respectives, il n'y aurait alors plus de papier du tout. Sans ces éléments "non-papier", tels que l'esprit, le bûcheron, la lumière du soleil, etc., il n'y a pas de papier.
Aussi fine que soit cette feuille, elle contient en elle-même tout l'univers.
C’est : l’interdépendance de tous les phénomènes.

Fin du voyage et début d'un autre...
Maintenant, je brûle ma feuille de papier, qui contient tout l'univers !
Le papier ne cesse pas d'exister, il devient de la chaleur, des cendres, de la fumée.
La chaleur pénètre le cosmos. La fumée et d'autres gaz s'élèvent dans l'air et forment des nuages qui produisent de la pluie. Les cendres tombent par terre et nourrissent le sol. La pluie et le soleil sont deux conditions nécessaires pour que les arbres puissent pousser.

Plus tard, l'arbre peut à nouveau devenir une feuille de papier.
Voir dans ce menu l'explication de la renaissance (ou de la réincarnation)




Petite réflexion philosophique en vidéo. Un beau clip du WWF et un petit rappel : " nous sommes une partie de la nature"
Je suis une part de la nature

Petite réflexion philosophique en vidéo. Un beau clip du WWF et un petit rappel : " nous sommes une partie de la nature"

Posté par Végétik sur jeudi 10 décembre 2015



Toutes choses sont Une,
et que l’Un est le Tout !

C'est comme l'histoire de cette anciene fable...
Voyage avec le renard :
Le réseau de la causalité

<< cliquez sur l'image

L'IMPERMANENCE, LA VACUITE, L'INTERDEPENDANCE... Tout est lié...
MADYAMIKA vacuité du soi et des phénomènes.
Le SVATANTRIKA démontre la vacuité par syllogismes et le PRASANGIKA démontre la vacuité au moyen du raisonnement par l’absurde.
Les apparences liées par la causalité n’ont en fait pas de substrat réel. L’insubstantialité des phénomènes est leur vacuité d’être en soi.

Telle est la réalité absolue.
Les deux réalités sont donc Opposées, puisque l’apparence d’un phénomène, n’est pas sa réalité absolue.
Inséparable, car bien que vides d’existence en soi, les phénomènes apparaissent et bien qu’apparaissant à nos sens, ils sont sans existence en soi.
D’une même essence la nature essentielle ou ultime des phénomènes relatifs est leur vacuité.

Le Bouddha a en effet enseigné une doctrine qui se présente comme la voie médiane entre les deux opinions extrêmes de l'éternalisme et du nihilisme.
Les éternalistes sont ceux qui soutiennent l'existence de phénomènes permanents ou éternels, qu'il s'agisse d'un principe divin, d'un Dieu créateur ou bien d'un principe spirituel comme l'atman ou l'âme.
Les nihilistes, au contraire, soutiennent l'annihilation de l'atman et des actes après la mort.
Face à cette alternative entre l'être et le néant, le Bouddha propose une troisième voie, le juste milieu de la coproduction conditionnée qui expose la nature conditionnée et mutuellement dépendante des phénomènes composés.
En conclusion : l’interdépendance des phénomènes, implique leur absence d’être en soi.

Elle nous détourne de l’éternalisme, puisque des phénomènes existant en soi ne pourraient exister en dépendance d’autres phénomènes. Il n’y aurait alors ni production, ni destruction possibles.
Elle nous évite aussi une conclusion nihiliste, puisque les phénomènes apparaissent et existent relativement par le fait de la production interdépendante.
Les phénomènes, n’ont donc pas d’être en soi, mais ne sont pas inexistants non plus. Telle est la voie du milieu (madhyamika).




Comprendre l'interdépendance,
c'est pénétrer le sens de la vacuité.
Comprendre la vacuité,
c'est comprendre le sens de l'interdépendance.
Telle est la vue de la voie médiane,
au-delà des terribles ravins
de l'éternalisme et du nihilisme,
la vue authentique qui ne s'appuie ni sur l'un
ni sur l'autre, ni sur les deux ensemble.

VIIème Dalaï-Lama Kelzang Gyatso (1708-1757)

Retourner au contenu | Retourner au menu