La roue de la vie - MEDITATION et Liberté Bouddhisme et Spiritualité

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La roue de la vie

Philosophie

LA ROUE DE LA VIE

  • L'ignorance

  • Amène à créer les karmas

  • Qui doivent s'imprimer sur un continuum

  • Produisant les agrégats

  • Et les six consciences

  • Permettant au contact

  • D'entraîner la sensation

  • Qui produira l'attachement

  • Puis la saisie

  • Ce qui créera le devenir

  • Engendrant la naissance

  • A partir de laquelle la vieillesse et la mort seront expérimentées.

ainsi tourne la roue du samsara

La croyance dans la réincarnation signifie que l’esprit d’une personne retourne sur terre dans un autre corps. La nouvelle sorte de vie est déterminée par la manière dont on a vécu sa vie précédente ou par son karma et peut déboucher sur une renaissance négative ou positive. Le tout et le but est en définitif de mener une existence suffisamment pure pour finir par connaître l’illumination et l’état de nirvana.





A SAVOIR !
La réincarnation
n'est pas la renaissance
d'un "moi".

Tout d’abord, il faut bien comprendre que ce qu’on appelle réincarnation dans le bouddhisme n’a rien à voir avec la transmigration d’une “entité” quelconque, rien à voir avec la métempsycose. Tant que l’on raisonne en termes d’entités plutôt que de fonction, de continuité de l’expérience, le concept bouddhiste de renaissance ne peut pas être compris. Il est dit “qu’aucun fil ne passe au travers des perles du collier des renaissances.” Il n’y a pas identité d’une “personne” au travers de renaissances successives, mais conditionnement d’un flot de conscience.

Conventionnellement, on peut parler de conscience “individuelle” même si l’individu n’existe pas en tant qu’entité autonome, car l’absence de transfert d’une entité discontinue ne s’oppose pas à la continuation d’une fonction.
Que le moi n’aie pas d’existence propre, n’empêche pas qu’un courant de conscience particulier ait une histoire et des qualités qui le distinguent d’un autre. Qu’il n’y ait pas de barque flottant sur le fleuve n’empêche pas celui-ci d’être chargé de sédiments, pollué par une usine de papier, ou clair et limpide. L’état du fleuve à un moment donné est l’image, le résultat de son histoire. De la même façon, les courants de conscience individuels sont chargés du résultat des pensées positives ou négatives, ainsi que des traces qu’ont laissé dans la conscience les actes et les paroles issues de ces pensées. Le propos de la pratique spirituelle est de purifier ce fleuve, peu à peu.
L’état ultime de limpidité est ce qu’on appelle la réalisation spirituelle. Toutes les émotions négatives, tous les voiles qui masquent la connaissance sont alors dissous. Il ne s’agit pas d’anéantir le “moi”, lequel n’a jamais véritablement existé, mais simplement de démasquer son imposture. En fait, si ce “moi” avait une existence intrinsèque, on ne pourrait jamais le faire passer de l’existence à la non-existence.
Par Matthieu Ricard


Le bouddhisme croit plutôt à la métensomatose, puisque c'est une religion où l'âme n'existe pas, et où le moi n'est qu'illusion de l'identité individuelle qui « s'éteint » dans la vacuité ; cela dit, des éléments psychiques transmigrent, comme on pourrait le voir dans certains caractères (physiques ou psychiques) venus des parents jusqu'aux enfants, dans le phénomène lamaïste des tulku, appelés improprement « réincarnations » d'un lama. Les écrits bouddhiques utilisent en fait un concept sensiblement différent de celui de réincarnation : punarbhava, que l'on traduit par « re-naissance ». Le mot métensomatose vient du grec métensomatosis, qui signifie « déplacement du corps ».



LA MORT DANS LE BOUDDHISME :
ENTRE RUPTURE ET CONTINUITE

Question : Comment concilier la continuité apparente d'une vie et la discontinuité des phénomènes qui la composent, et concevoir la transmission des samskara d'une vie à l'autre ?

Réponse : L'aspect discontinu des événements physiques et mentaux n'exclut pas la continuité si chaque événement discret est lié aux événements précédents et suivants par la causalité.
En outre, on voit bien bien que n'importe quel événement ne produit pas n'importe quel autre événement ;
une pousse d'orge ne surgira pas d'un grain de riz ! Il existe donc bien un ordre des choses déterminé par l'enchaînement et la convergence des causes et des conditions.
Cette causalité, le Bouddha l'a appelée la coproduction conditionnée des phénomènes.
C'est donc la coproduction conditionnée qui est la clé de l'existence et qui fait qu'on ne peut dire d'une chose qu'elle existe réellement ni qu'elle n'existe pas du tout.
Nagarjuna déclare ainsi : C'est la coproduction conditionnée que nous entendons sous le nom de vacuité. C'est là une désignation métaphorique, ce n'est rien d'autre que la voie du milieu.
La mort est donc une rupture dans l'apparence et non dans l'enchaînement des causes karmiques au sein du continuum psychique de l'individu. Elle est la fin d'une forme composite et non celle de l'esprit qui poursuit sa route.




UN CHEMINEMENT

PUREMENT INDIVIDUEL

Bien que le soi individuel soit une pure projection mentale dénuée d'existence propre, chaque être animé participe d'une série psychique ou d'un continuum mental singulier qui suit son cours.
Même si des êtres distincts communiquent et interagissent, le karma qu'ils véhiculent leur est propre en ce sens qu'il est ancré dans leur psychisme et ne peut être échangé contre le karma d'autrui.
Chaque être animé est ainsi amené à purifier sa propre série psychique en cheminant vers l'Eveil. Et quand un bodhisattva s'éveille pleinement, c'est un nouveau bouddha qui rejoint les autres bouddhas précédemment accomplis, sans pour autant fusionner avec eux dans un Eveil unique.
Son Eveil a la même nature parfaite que celle des autres bouddhas, mais il manifestera cependant des oeuvres et des apparences qui lui seront propres, afin d'aider les êtres illusionnés immergés dans le samsara et ses tourments.
Le bouddhisme est donc bien différent de l'hindouisme ou l'atman, le soi individuel éternel, une fois affranchi de l'illusion qui le lie à la matière, se libère du samsara en se fondant dans le Brahman unique, sa nature absolue, comme une rivière se jetant dans l'océan.

Pour bien comprendre : tout d‘abord le samsara ou le cycle des existences conditionnées
Caractéristique

Il ne s’agit nullement de lieux dans l’univers où vivraient des êtres mais d’états d’existence successifs conditionnés par l’ignorance et le karma subséquent, où règnent la souffrance et la frustration à des degrés plus ou moins aigus.
Le samsara se caractérise par une suite de renaissances au sein de différents domaines et conditions d’existence, au gré de la rétribution des actes accomplis par l’être illusionné.
Tant qu’en leur esprit les passions et l’ignorance n’ont pas été définitivement dissipées, les êtres animés ne peuvent échapper à une succession de naissances au sein du samsara. En tant que réservoir d’un nombre infini d’êtres animés illusionnés, le samsara n’a donc ni commencement ni fin. Mais en tant que condition d’existence individuelle, il s’achève définitivement lors de la cessation des passions et de leurs causes dans le continuum mental. C’est alors l’atteinte de la délivrance appelée nirvana.
La condition du samsara a été décrite par le Bouddha : « Tous les phénomènes composés sont impermanents et tout ce qui est corrompu est souffrance ».
Tous les phénomènes qui constituent le samsara – c’est-à-dire le « contenant » ou univers des phénomènes inanimés et son « contenu » les êtres animés – sont composés et donc impermanents, c’est-à-dire sujets à la naissance et à la destruction ou à la mort au sein de la temporalité. Les êtres souffrent donc des nombreux changements imprévisibles qui émaillent leur existence et n’ont aucune certitude quant à la durée de leur vie.
Par ailleurs, tous les phénomènes de l’existence sont perçus et vécus par des êtres illusionnés aux agrégats « souillés », c’est-à-dire en vertu de leur karma antérieur. Perçues par la conscience ignorante et conditionnée par le karma passé, les apparences du monde sont l’objet du désir et de l’aversion, passions qui poussent les être à agir en produisant à nouveau du karma. Selon la nature de ce karma, les êtres éprouvent dans leurs multiples existences bonheurs et souffrances, haut et bas, sans jamais parvenir à un bonheur durable : tel est le caractère insatisfaisant du samsara, qui est le caractère insatisfaisant du samsara, qui est souvent comparé dans la littérature bouddhiste à un nid de serpents, à une prison, à une maison en feu.

Les six destinées et les trois domaines

Dans le samsara, il existe six classes d’êtres que l’on appelle encore les six destinées, qui représentent six conditions d’existence possibles par lesquelles les êtres animés passent au cours de leur errance, selon la passion dominante qui les hante.
Les six destinées se répartissent en trois domaines ou sphères :
  • 1) Le domaine du désir, où la conscience des êtres est préoccupée par le désir d’objets sensuels. Il inclut les enfers, le domaine des esprits avides, les naissances animales et humaines, ainsi que les dieux du domaine du désir.
  • 2) Le domaine de la forme pure, où la conscience est intégrée dans une forme divine et se préoccupe de recueillement méditatif.
  • 3) Le domaine du sans-forme, où les consciences sont de purs esprits divins dépourvus de forme corporelle et absorbés dans de profonds recueillements méditatifs.

Samsara et temporalité

L’existence dans le samsara est caractérisée par l’impermanence et le changement incessant, et donc aussi par le sentiment de la durée ou du temps. La durée de vie et la perception du temps dans l’une des destinées ou l’un des domaines varient selon le type d’être et son karma, mais aucun de ces états d’existence n’échappe à la mort et à la transmigration, pas même celui des dieux du sans-forme. L’absence de certitude quant aux renaissances possibles et aux souffrances à venir imprègne le samsara tout entier, des destinées les plus douloureuses aux plus heureuses.

Le Bhavachakra
constitue un récit édifiant :

Sa combinaison de karma, de samsara et de nirvana s’adresse aux croyants simples et en ce sens, chaque représentation constitue une vraie «bible»

Trois animaux sont représentés au centre de la roue. Ils correspondent aux 3 péchés capitaux (poisons à l’origine du samsara) Il s’agit d’un coq, d’un serpent et d’un cochon qui représentent le désir, la haine et l’ignorance.
Le cercle qui les entoure est mi-clair mi-obscur. Dans la partie obscure sombrent ceux qui ont un mauvais karma, les autres grimpent dans l’un des 3 paradis positifs. On peut donc renaître dans 6 mondes.
Les 3 sous mondes se composent  - du royaume des animaux (chacun est sujet aux agressions et au risque de se faire dévorer) – des esprits affamés (règne une faim et une soif permanente) -  et de l’enfer de Yama (des feux de l’enfer brûlent et les êtres y sont maltraités par les démons)
A la mort, l’esprit qui est éternel quitte l’enveloppe charnelle du corps et arrive dans un sous monde, le Bardo (étape entre le décès et la naissance) L’esprit y subit toutes sortes de visions, agréables ou effrayantes, en fonctionde la manière dont on a vécu sa dernière existence.
Les 3 mondes positifs sont ceux des demi-dieux (en conflit permanent avec leurs voisins) – le monde des humains (un bon point de départ pour atteindre le nirvana) – et le monde des Dieux (ou règne l’insouciance)
Rien n’est durable et lorsqu’une portion de mérite est utilisée, la divinité doit s’en aller renaître à nouveau.

Le bord extérieur de la roue montre les 12 nidanas, qui sont les liens du cycle des renaissances. (12 maillons de la chaîne de l’existence conditionnée)

Diaporama sur les 12 chainons
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Précisons les correspondances symboliques des 12 causes interdépendantes :

  • 1) L’ignorance : Le vieillard aveugle (personne qui ne trouve pas son chemin) Avidya : signifie absence de lumière, de compréhension ou aveuglement. Bien que l'ignorance soit généralement indiquée comme premier lien, cela ne signifie pas qu'elle soit la cause première. On peut aussi commencer la liste avec la vieillesse et la mort.


  • 2) produit les impulsions karmiques :  le potier (formation de la matière–le karma au figuré, les poteries sont les actes) Ce deuxième lien est celui des impulsions de la volonté (samskara) que l'on peut aussi traduire par formations mentales, intentions, énergies de décision, formation créatrices de karma ou désir de s'attacher à l'existence. Si nous avons un manque de compréhension, la colère, l'irritation ou la haine peuvent surgir.


  • 3) qui produisent les consciences : le singe sauteur (bonds-conscience incontrôlés) La conscience signifie ici la totalité de la conscience, individuelle et collective, la conscience mentale et la conscience du tréfonds, le sujet et l'objet. La conscience est ici remplie de tendances négatives et erronées liées à l'ignorance qui sont de nature à générer de la souffrance.


  • 4) qui produisent le nom et la forme : 2 hommes dans 1 bateau (esprit et corps-scission entre le conscient et l’inconscient) Nom signifie les éléments mentaux et forme les éléments physiques de notre corps. L'esprit comme le corps sont des objets de notre conscience. Quand nous regardons notre main, c'est un objet de notre conscience. Quand nous touchons notre colère, notre tristesse ou notre bonheur, ce sont aussi des objets de notre conscience.


  • 5) qui produisent les 6 organes des sens : la maison aux 6 ouvertures (5 sens de perception et 1 pouvoir de la pensée) Ces 6 organes des sens (les yeux, les oreilles, le nez, la langue, le corps et l'esprit) accompagnés de leurs objets (les formes, les sons, les odeurs, les goûts, les objets tangibles et les objets mentaux) Ces 6 sens n'existent pas en dehors de l'esprit/corps, mais font l'objet d'une catégorie spéciale pour nous aider à les voir plus clairement. Lorsqu'un organe des sens entre en contact avec un objet sensoriel, il doit y avoir une conscience sensorielle. Nous commençons à voir comment les 12 liens "inter-sont", comment chacun des liens contient tous les autres.


  • 6) qui entraînent le contact : le couple enlacé (le contact naît des sens) C'est le contact entre les organes des sens, les objets sensoriels et la conscience sensorielle. Quand les yeux et les formes, les oreilles et les sons, le nez et les odeurs, la langue et les goûts, le corps et les objets tangibles et l'esprit et les objets de l'esprit entrent en contact, la conscience sensorielle apparaît. Le contact est à la base des sensations. C'est une formation mentale universelle, présente dans chaque formation mentale.


  • 7) qui produit la sensation : la flèche dans l’œil (la sensation-agréable et désagréable) C'est celui des sensations qui peuvent être agréables, désagréables ou neutres. Lorsqu'une sensation est agréable, on s'y attache.


  • 8) qui entraîne le désir : la femme tendant une boisson à l’homme (convoitise-soif de désir ) C'est la soif ou le désir, toujours suivi de l'attachement.


  • 9) qui produit le charme et la sensualité : l’épluchage des fruits (le désir mène aux actes-s’attacher) Cela signifie devenir esclave de l'objet.


  • 10) qui entraînent le devenir : le couple au lit/femme enceinte (création-devenir-naître) De part notre désir d'une chose, celle-ci apparaît. Nous devons regarder attentivement ce que nous voulons vraiment.


  • 11) qui produit la naissance : la scène de la naissance (nouvelle existence et conscience) Nouveau moment ou nouvelle phase de son existence ou de sa vie actuelle. C'est au cours de cette phase que les tendances karmiques accumulées génèrent toute une nouvelle série d'expériences qui provoquent une nouvelle interaction de la part de l'individu.


  • 12) qui produit le vieil âge et la mort : l’enlèvement d’1 mort (place est faite pour une renaissance après 1 séjour des 6 mondes et le cycle recommence ou bien l’extinction est atteinte) Enfin, toute chose a une fin - que ce soit une situation momentanée ou le grand changement que nous appelons mort. Quand un cycle touche à sa fin, un autre commence immédiatement, reprenant là où l'ancien cycle a fini, le processus se répétant indéfiniment.


La roue est tenue par un monstre Mahakala ou grand temps – Kala signifie temps – on le compare à la mort. D’une part il est éternel, sans début ni fin, s’écoulant sans cesse, d’autre part son éternité est divisée en portions qui sont définies comme la vie de l’homme. Ce qui symbolise Yama, la mort ou l'impermanence, une roue évoque le caractère tourbillonnant de l'existence conditionnée et présente les différents éléments du samsara.

Pour se rappeler des liens, on peut dire que
L'ignorance amène à créer les karmas qui doivent s'imprimer sur un continuum produisant les agrégats et les six consciences, permettant au contact d'entraîner la sensation qui produira l'attachement, puis la saisie, ce qui créera le devenir, engendrant la naissance à partir de laquelle la vieillesse et la mort seront expérimentées.

Samsara ou l'histoire d'une vie

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