Juillet 2012 - MEDITATION et Liberté Bouddhisme et Spiritualité

Aller au contenu

Juillet 2012

BLOG

Notre recherche spirituelle se vit comme une ascension sur une montagne ; les chemins qui mènent au sommet sont multiples et de longueurs variables, et ils le sont obligatoirement car nous pensons, comprenons et ressentons de différentes manières. Si les voies sont diverses, le but, lui, est unique.

Tu vis dans l'illusion et le monde apparent des choses
Mais il y a une réalité :
Tu es cette réalité, mais tu ne le sais pas.
Quand tu t'éveilleras dans cette réalité,
tu reconnaîtras que tu n'es rien,
et qu'en étant rien, tu es tout.

Kalou Rimpoché
(1905 - 1989)

Dialogue entre un Maître et un disciple
L'art tibétain du débat, tsod-pa, ou joutes dialectiques, est pratiqué depuis longtemps pour éprouver les paroles de Bouddha et entrainer les élèves à la logique et à la critique. Les débats entre moines s'apparentent à un mélange vivant d'interrogatoire judiciaire et d'art martial. Ils visent à développer raisonnement, mémoire, concentration et inventivité, et à s'assurer que les matières ne sont pas justes apprises par coeur, mais qu'elles sont parfaitement assimilées sur de nombreux plans.


A cet instant, soyons "le disciple" et essayons de répondre au Maître qui pose la question :
- Qui es-tu ?

- C'est précisément cela que je cherche.

Assieds-toi ici. Depuis quand te préoccupes-tu de choses spirituelles ?
- Depuis ma jeunesse.
- Qu'as-tu fait pour te développer ?
- La vie m'a imposé des tâches, puis j'ai pratiqué le yoga sous la direction d'un maître. Je médite aussi.
- Quelle forme de méditation as-tu choisie ?
- La forme apparemment la plus simple. On l'appelle "vipassana", l'observation du souffle.

- Et qu'as-tu découvert durant toutes ces années passées que tu ne savais déjà au moment de commencer ?
- (après quelque hésitation) Que je suis "je".
- N'étais-tu pas déjà "je" au commencement de toutes ces années ?
- Oui, bien sûr.
- Quel effort cela t'a-t-il coûté dans le temps d'être "je" ?
- Aucun, j'étais simplement...
- Pourquoi as-tu alors cherché quelque chose que tu as toujours été ?
- ...?

- Quand tu dors, es-tu ?
- Sûrement.
- Est-ce un effort pour toi ?
- Non, dans le sommeil, je ne fais aucun effort.
- Qui en toi sait que tu es, lorsque tu dors ?
- Il y a quelque chose comme un observateur continuel en nous, qui veille toujours, qui examine nos rêves dans le sommeil.
- C'est très juste. Mais quand tu réfléchis à cet observateur, il fait partie de ta raison !
- J'en suis conscient. Quand je parle, je suis forcé d'utiliser des paroles.
- Qui observe maintenant en toi la difficulté ressentie quand tu dois utiliser la parole ?
- Il observe en silence.
- Pas de parole ?
- Non, pas de parole. Peut-être un koan zen, "le bruit d'une main qui claque".

- Oui - "La non-dualité" - se taire... (après un moment :) Qu'est-ce qui t'a fait la plus grande impression dans la vie ?
- Le regard dans les yeux d'un maître illuminé.
- C'est le signe de son inspiration, mais toujours au niveau corporel. (après un temps de silence, il demande :) Que vas-tu faire à présent ?
- Après tout ce que j'ai vécu, il n'y a plus rien à faire.
- Oui, mais comment peut-on ne "rien" faire ?
- Quand nous voulons tout ce qui se fait, ne se fait-il pas alors tout ce que nous voulons ? Que resterait-il à faire ? Peut-être ne nous restera-t-il encore que le plus difficile à faire : de laisser tomber tous nos désirs. Ce sont nos désirs qui nous enchaînent à ce monde.
- Tous les désirs ? (demande-t-il intensément). Aussi le désir d'être un jour illuminé ?
- Oui, tous, et aussi le désir d'illumination.

Invitation à un voyage intérieur...

Retourner au contenu | Retourner au menu