Mai 2014 - MEDITATION et Liberté Bouddhisme et Spiritualité

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Mai 2014

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Des solutions radicales pour transformer les problèmes en bonheur

Par l'étude et la réflexion, on comprend l'origine de la souffrance et la façon dont elle se déploie et se perpétue, puis on apprend comment inverser ce processus, et l’on acquiert alors la conviction qu'il est possible de s’en libérer. On comprend également à quel point il est important, pour s’en libérer, d'avoir une vision juste de la nature des choses, autrement dit de la vacuité, l’absence d'existence propre.
14ème DALAI LAMA, TENZIN GYATSO (Enseignements oraux donnés à Toronto en 2004.)

Malléable, l’esprit est capable de changement. Apprenons donc à voir dans quelle mesure nous pouvons le transformer, identifions les moyens qui permettent d’y parvenir et mettons-les en œuvre.
Le samsara, ou cercle des existences, et le nirvana, son dépassement, ne sont pas comme des lieux géographiques éloignés l'un de l'autre. Ce sont deux états de l’esprit. Le samsara est une déviation par rapport à la connaissance, une vision distordue de la réalité qui assujettit l’esprit aux émotions négatives, tandis que le nirvana est un état de liberté intérieure, affranchi de tout obstacle conceptuel et émotionnel.

Des solutions radicales pour transformer les problèmes en bonheur

Afin de savoir comment s’en servir, il convient donc de comprendre les points de vue du Bouddha.
Dans bien des cas, ceux-ci diffèrent radicalement des points de vue (tant religieux que matérialistes) communément admis comme étant des hypothèses indiscutables. Il est notamment utile de comprendre :
1) Ce qu’est l’esprit
2) Pourquoi surviennent le bon et le mauvais : le karma
3) Comment accueillir le négatif : transformer les problèmes en bonheur
4) La compassion : travailler pour autrui

Nous devons maîtriser les techniques
qui nous permettent de réaliser ce que le Bouddha affirme être notre potentiel inné de perfection, l’éveil. Dans cette optique, le développement de l’esprit n’est pas un processus mystique, obtenu par hasard, ainsi qu’il est souvent dépeint. Selon le Bouddha :
• Il est logique, rigoureux et se déroule par étapes,
• Il est à la portée de chacun,
• Il apporte des résultats authentiques et stables : une affection et une empathie immenses pour les autres, le désir ardent de leur être bénéfique et la capacité infaillible d’y parvenir.

Ce qu’est l’esprit

Pour le Bouddha, le mot esprit fait référence à
• Tout l’éventail de nos expériences intérieures : pensées, sensations, tendances, traits de personnalité, perceptions, intuitions et rêves.
Bien qu’il fonctionne en dépendance du cerveau, il n’est
• Ni le cerveau, ni matériel.
De plus, notre esprit
• Ne provient pas de nos parents,
• Ni d’un être supérieur.

Notre esprit ou conscience nous est propre. Il n’est pas créé par quelqu’un d’autre ; il a sa propre identité. Fleuve d’instants mentaux, nous pouvons remonter son cours, encore et encore, jusqu’au premier instant dans l’utérus de notre mère et, plus avant encore, dans nos innombrables vies passées.
Notre travail consiste à fouiller dans cet esprit qui est le nôtre : « l’atelier se trouve dans l’esprit »
• Et à dénouer l’entrelas complexe de nos sentiments les plus intimes en nous aidant de techniques psychologiques sophistiquées, nommées méditations.
Il nous faut commencer par identifier ce qui est là, puis le comprendre pour finalement (et c’est là le cœur de la question) le changer. En fait le Bouddha dit :
• Que nous pouvons transformer l’esprit jusqu’à le débarrasser complètement des émotions névrotiques et des perturbations telles que l’attachement, la colère, la haine de soi et la jalousie,
• Pour le remplir des qualités positives de gentillesse, d’intelligence et d’altruisme.

Pour la plupart d’entre nous, rechercher la perfection, cet état de Bouddha, ne se fait pas facilement. Nous savons tous que « c’est en forgeant que l’on devient forgeron ». D’ordinaire, nous accordons un statut équivalent aux névroses et aux qualités positives de notre esprit, pensant que les perturbations mentales sont innées et qu’elles nous collent à la peau. Le Bouddha n’agrée absolument pas à ce point de vue. Il affirme que nous pouvons changer car :
• Nos névroses sont comme des additifs, des polluants. Elles n’appartiennent tout simplement pas à l’esprit et peuvent de ce fait s’éliminer.
• Quant aux qualités positives de l’esprit, elles sont le cœur de notre être ; elles nous définissent, elles sont ce que nous sommes vraiment.
Tandis que nous débarrassons l’esprit de ses névroses, les émotions positives naturellement s’élèvent et croissent. Il s’agit là d’un processus psychologique naturel. Mais se contenter de croire cela, dit le Bouddha, n’aidera pas. Nous devons le vérifier par nous-mêmes en nous engageant dans la pratique ; celle-ci consiste en fait à examiner les affirmations proposées par le Bouddha et à les intégrer dans notre propre expérience. Elles deviennent ainsi pour nous des preuves.

Pourquoi surviennent le bon et le mauvais : le karma

L’énergie qui propulse l’esprit ne lui est pas extérieure. Le Bouddha nomme cette force Karma. Elle se produit naturellement. Le Bouddha n’en eut pas la révélation, pas plus qu’il ne l’inventa ; à l’instar d’un scientifique, il observa ce qu’il en était.
Le karma est le processus naturel de cause à effet qui se produit dans l’esprit et la vie de tous les êtres vivants.
Tous nos sentiments et toutes nos pensées, tout ce que nous faisons physiquement et que nous exprimons par la parole, sont des karmas, des actions, qui apporteront obligatoirement des réactions dans le futur. Naturellement, comme les graines,
• Toutes les actions positives se transforment ultérieurement en bonheur (sensations et expériences agréables)
• Et les négatives, en souffrance (sensations et expériences douloureuses).
Le karma est une loi naturelle. Personne d’autre n’est impliqué dans ce processus pour nous punir ou nous récompenser. Contrairement à nos croyances profondes qui attribuent tout ce qui nous arrive à quelqu’un d’extérieur (Dieu nous a créé, nos amis créent notre bonheur, nos ennemis créent notre souffrance), Bouddha dit qu’en effet :
• Nous sommes les créateurs de nos propres expériences, de notre personnalité même.
Notre esprit arrive dans cette vie complètement programmé par  nos actions passées qui, telles des graines, s’épanouissent en tant que tendances et expériences personnelles. La force de notre karma passé nous propulse, d’instant en instant, de vie en vie.
• D’instant en instant, nous nous créons.
L’erreur fréquente est de penser que le karma n’est lié qu’aux mauvaises choses et de nous en servir comme d’un gros bâton pour nous battre. Mais toutes les bonnes choses qui nous arrivent dans cette vie (notre vie humaine elle-même, la santé, la possibilité de trouver du travail, nos qualités) sont aussi les résultats de nos actions passées.
• Il n’y a rien que nous expérimentions (bon ou mauvais) qui ne soit le résultat de nos actes passés.
Nous serions stupéfaits et ravis si nous réalisions combien nous avons dû travailler dur dans les vies passées pour être simplement ce que nous sommes maintenant.
• Alors, comment appliquer le karma, la loi de cause à effet dans ma vie ?
En me rappelant que ma souffrance et mon bonheur sont le résultat de mes actions passées, j’obtiens la capacité d’agir.
• Si je suis la cause principale de ce que je suis, il s’ensuit donc que je suis la cause principale de ce que je peux devenir. Ma vie est entre mes mains.
• C’est à moi de décider. Je suis le patron.
Etant donné que je ne veux pas souffrir et que je veux obtenir le bonheur dans l’avenir, il en découle que je dois semer les graines maintenant : je dois me conformer à la loi du karma,
• Ne pas nuire aux autres,
• Tenter de les aider
• Eliminer les perturbations de mon esprit.

Telle est la pratique du Bouddha.

Comment accueillir le négatif : transformer les problèmes en bonheur

Chacun d’entre nous rencontre la souffrance. Elle semble arriver sans prévenir, quelque effort que nous fassions pur l’éviter. Nous la tenons pour mauvaise, injuste et nous faisons tout pour la repousser. Si nous n’y parvenons pas, nous souffrons encore davantage. Ce qu’il nous faut, c’est interpréter la souffrance autrement :
• Comprendre d’abord que tout ce que nous rencontrons est le fruit de nos actions passées, que nous sommes les créateurs de notre propre réalité, que nous pouvons accueillir les problèmes sans paniquer, sans nous apitoyer, sans nous condamner.
Si nous pouvons changer cette souffrance, nous le faisons ; sinon, nous l’acceptons. Rien que cela transforme notre vécu, allège la souffrance, calme l’esprit et donne du courage. Mais ce n’est pas tout.
• En deuxième lieu, nous pouvons arriver à nous sentir bien face au problème, à nous sentir heureux qu’il survienne.
L’idée d’aimer les problèmes devrait s’élever aussi naturellement que celle d’aimer les glaces ! (pour celui qui aime les glaces) Nous réalisons que le simple fait d’expérimenter le problème épuise le karma qui l’a causé, karma que nous avions créé dans le passé ; quand un fruit mûrit, il en est fini de sa graine.
• En troisième lieu, en accueillant notre problème comme un défi, nous pouvons à vrai dire l’utiliser à notre avantage. Nous en faisons un moyen pour développer notre incroyable potentiel.
Quand dans la vie, il s’agit de réaliser des objectifs ordinaires, nous sommes pleins d’admiration pour les athlètes, les hommes d’affaires ou les artistes qui n’abandonnent jamais face à d’énormes obstacles. Nous comprenons que le courage et la persévérance qu’ils mettent à les vaincre constituent vraiment ce qui leur permet d’arriver à leurs fins ; c’est en soi une méthode.
Mais quand il s’agit de nos problèmes émotionnels, nous n’avons pas ce même courage. Dès l’instant où le problème apparaît (parole méchante, maladie, mauvais traitement…) nous nous sentons victimes, irrités, anxieux ou déprimés.
• L’idée que ces problèmes pourraient avoir du bon semble presque perverse.
• Mais quand on a le karma à l’esprit et qu’on ne perd jamais le but de vue, voilà une approche qui développe nos qualités personnelles et ouvre largement notre cœur aux autres.

• Depuis mille ans au Tibet, cette approche est au cœur de la pratique des bouddhistes.
Considérer le karma et se sentir responsable de son vécu sont des démarches profondément enracinées en eux ; elles leur sont naturelles. C’est précisément la raison pour laquelle le Dalaï Lama et son peuple ont si bien su gérer leurs souffrances depuis la mainmise des communistes chinois en 1950.
• Ils n’ont pas de colère contre leurs oppresseurs,
• Ils ne mènent pas de guerre,
• Ils ont même de la compassion pour eux.

Quand notre but est clair – l’accomplissement de notre merveilleux potentiel et de notre capacité à être bénéfique aux autres – accueillir nos problèmes pour les transformer en bonheur est, sans le moindre doute, la voie du succès la plus rapide.
• C’est la pratique la plus difficile, la plus radicale, mais aussi la plus gratifiante.

La compassion : travailler pour autrui

Pratiquer de la sorte rend inévitable l’ouverture du cœur.
• Nous réalisons que nous sommes tous dans le même bateau : chacun expérimente les fruits de ses actions passées et crée les causes de ses expériences futures.
Et ceci est aussi valable pour ceux qui nous font du mal.
Penser que nous pouvons réagir à ces maux par la compassion est presque choquant, mais c’est ce travail que l’on doit faire. Si nous souffrons aujourd’hui de nos actions passées, ils souffriront aussi dans le futur de leurs actions présentes. Comment pourrions-nous ne pas éprouver de compassion ?
• Comme une mère face à son enfant qui détruit tout, nous pouvons voir qu’ils se font du mal.

 
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