Mars 2014 - MEDITATION et Liberté Bouddhisme et Spiritualité

Rechercher
Aller au contenu

Menu principal :

Mars 2014

BLOG

Commencer une méditation,

c'est toujours prendre conscience que vous êtes ici et maintenant

De même que les papillons de nuit sont attirés par la flamme de la bougie dans laquelle ils vont mourir, l’homme est attiré par la mélodie de l’éloge, l’arôme du tabac, le goût de la viande, la douceur du contact féminin ou la caresse de la soie, mais, induit en erreur par cet attachement, il ôte la vie à sa propre voie de liberté. C’est ainsi que le cerf, attiré par la musique du luth à trois cordes, tombe sous les flèches empoisonnées ; que l’abeille, séduite par le parfum de la fleur carnivore, en devient prisonnière ; que le poisson, attiré par le goût de l’appât, se fait prendre à l’hameçon ; et que l’éléphant, attiré par le contact de sa femelle, se noie dans la vase. C’est ainsi que nous sommes leurrés par chaque objet de désir et que nous devenons dépendant de lui.
JIGME LINGPA (1729-1798)

UNE TECHNIQUE DE MEDITATION

L'attention au souffle est une technique de méditation de base qui consiste à se concentrer sur la sensation de la respiration. Pour cette pratique, il faut développer une grande patience et être toujours prêt à recommencer parce que l'esprit est constamment distrait. L'esprit n'a pas l'habitude d'être attaché à un seul objet d'observation. On lui a appris à associer les choses entre elles et il se déplace rapidement d'une association à l'autre. Etant habitués à utiliser cette ingénieuse capacité de penser, nous avons tendance à beaucoup nous agiter en essayant de nous concentrer sur un objet unique comme la respiration.

Si un animal sauvage qui a toujours vécu en liberté est soudain harnaché, il est furieux et résiste à ce qui le retient. Mais quand on entraîne un animal sauvage, il peut devenir utile aux autres. Il en va de même avec l'esprit. Un esprit "sauvage", non entraîné, vit selon ses propres règles, en suivant ses instincts et ses habitudes et il n'est utile à personne. Si nous le laissons suivre ses habitudes, si nous ne faisons aucun effort dans la vie pour dompter notre esprit, nous serons comme une créature sauvage : d'aucune utilité pour personne, pas même pour nous. Pour dompter l'esprit, il faut le retenir, le maintenir concentré sur un unique objet. Ici, la respiration sera l'objet pratique pour la méditation.

Quand nous observons notre respiration, il arrive que nous ressentions de l'agitation, et cela du fait de notre constant désir d'obtenir quelque chose. La plupart des êtres ne sont pas habitués à la paix, pris comme ils le sont par le besoin d'être étourdis et captivés par des sources d'excitation extérieures.

Regardez autour de vous, dans les villes. Une grande partie de ce qu'on y voit a pour but de nous attirer, de nous donner envie de nous y plonger : les belles choses, les nourritures exotiques, les spectacles palpitants ; tout cela est facile à trouver, de nos jours. Les gens prennent de la drogue parce que tout ce qu'ils ont à faire c'est avaler quelque chose pour pouvoir ensuite se laisser éblouir par une hallucination. Rien à voir avec l'attention sur le souffle où on observe une inspiration et ensuite une expiration.

L'habitude du désir se manifeste en méditation parce que observer le souffle ne paraît pas important ou nécessaire. La plupart des gens se disent : "Pourquoi perdre mon temps à faire ça ? Et vous, les pratiquants laics ou religieux, que faites-vous assis là ? Que faites-vous pour aider l'humanité ? Vous ne faites rien d'autre que vous asseoir à observer votre souffle. Vous fuyez le monde réel n'est-ce pas ?"
Mais qu'est-ce que le monde réel ? Qui fuit quoi ? Et qu'y a-t-il à regarder en face ? On s'aperçoit que ce que les gens appellent "le monde réel" est le monde dans lequel ils croient et qui leur est familier. Mais ce monde est une condition de l'esprit. En méditation, on reconnaît et on accepte le "monde réel" pour ce qui est au lieu d'y croire, de le justifier ou d'essayer d'annihiler sa nature problématique.

Le monde réel fonctionne sur le même schéma d'apparition et de disparition que l'inspiration et l'expiration. L'inspiration conditionne l'expiration et l'expiration conditionne l'inspiration. On ne peut pas avoir que l'inspiration ou que l'expiration - et telle est la condition de tous les phénomènes : ils apparaissent et disparaissent. Ainsi, dans la pratique bouddhique, nous prenons clairement conscience du fonctionnement de la nature au lieu d'essayer de rationaliser avec des idées. On observe la nature quand on observe le souffle. Si on se concentre sur cet unique objet, on a la possibilité de voir le schéma d'apparition et de disparition qui est le même pour tous les phénomènes conditionnés dans leur infinie variété. Les choses du monde conditionné sont constamment changeantes et infiniment variables ; elles ont différentes qualités, quantités et positions dans l'espace.
Notre esprit n'est pas en mesure de traiter une telle complexité, c'est pourquoi nous devons apprendre à partir de la simplicité, et c'est pourquoi nous étudions quelque chose d'aussi ordinaire et apparemment insignifiant que la respiration normale.

Prendre conscience de sa respiration : si nous appliquons cette conscience à tout ce qui se passe, au conditionné comme à l'inconditionné, c'est un moyen de transcender, d'être éveillé au lieu d'essayer de fuir. Tout cela est basé sur les postures ordinaires - assis, debout, en marche et allongé - mais aussi et surtout sur la respiration ordinaire.

Une grande partie de la vie des êtres humains est un embrouillamini ; c'est ainsi. Parfois toutes sortes de choses - souvent déplaisantes - nous arrivent en même temps. Alors, qu'allons-nous en faire ? Cela signifie-t-il que nous ne pourrons jamais méditer ? Ou bien cela signifie-t-il que nous pouvons utiliser ces moments difficiles comme des outils pour la méditation et non comme des obstacles ?
Si vous avez trop d'idées sur ce qu'est une bonne méditation et comment cela doit se passer, quand ces conditions ne sont pas présentes, vous allez croire que vous ne pouvez pas pratiquer. Changez donc votre attitude ! Cessez de croire que vous ne pouvez méditer que dans les meilleures conditions possibles et voyez la méditation comme la façon de vous relier à la vie telle qu'elle est réellement : le meilleur, le pire ou simplement l'ordinaire.



Alors, bienvenue dans la méditation
Je me libère !
Cliquez sur l'image >>

 
Retourner au contenu | Retourner au menu