Novembre 2017 - MEDITATION et Liberté Bouddhisme et Spiritualité

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Novembre 2017

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Quand l'observateur est l'objet observé
d'après un enseignement de Jiddu Krishnamurti (1895-1986)
L'espace est une nécessité
Sans espace, pas de liberté - psychologiquement parlant... Ce n'est que lorsqu'il n'y a pas le moindre espace entre l'observateur et ce qu'il observe, que notre relation - avec un arbre, par exemple - est totale.
Il ne s'agit pas de s'identifier à l'arbre - ou à la fleur, à tel homme, telle femme, ou que sais-je encore ; mais lorsqu'il n'y a absolument plus la moindre distance entre observateur et objet observé, alors s'ouvre un immense espace.
Un espace où il n'y a pas de conflit ; et dans cet espace est la liberté.
La liberté n'est pas une réaction
On ne peut pas dire : "D'ailleurs, je suis libre !" Dès l'instant où vous vous déclarez libre, c'est que vous ne l'êtes pas, parce que vous avez conscience d'être libre par rapport à quelque chose, vous êtes donc dans la même situation que l'observateur qui observe l'arbre.
L'observateur a créé une distance et, dans cet espace, il permet au conflit de prendre corps. Ce qu'il faut pour comprendre tout cela, ce n'est ni manifester une approbation ou un désaccord intellectuels, ni dire : "Je ne comprens pas", mais entrer en contact direct avec ce qui est.
C'est-à-dire voir que toutes nos actions, et chaque instant d'une action, procèdent du rapport observateur-observé, et que, dans l'espace qui sépare l'un de l'autre, il y a le plaisir, la douleur et la souffrance, le désir de réalisation, la soif de célébrité.
Au sein de cet espace-là,
aucun contact
avec quoi que ce soit n'est possible
Mais le contact, la relation,
prend une tout autre signification
dès que l'observateur n'est plus séparé
de ce qu'il observe.
Alors s'ouvre cet autre espace fabuleux,
et alors est la liberté.
Si vous êtes en contact avec quelque chose - avec votre conjoint, vos enfants, ou avec le ciel, ou n'importe quelle réalité - à l'instant même où la pensée intervient, le contact est rompu. La pensée a sa source dans la mémoire. La mémoire, c'est l'image, et c'est à partir de là que vous regardez ; c'est pourquoi il y a une séparation entre l'observateur et ce qu'il observe.
Il faut que vous compreniez cela en profondeur. C'est cette séparation entre l'observateur et la chose observée qui incite l'observateur à désirer toujours plus d'expériences, plus de sensations, c'est pourquoi il est sans cesse à la recherche, à la poursuite de quelque chose.
Il faut donc comprendre, de manière totale et absolue, qu'aussi longtemps que persiste l'observateur, celui qui a soif d'expérience, le censeur, l'entité qui évalue, juge et condamne. Il n'y a plus aucun contact immédiat avec ce qui est.
Quand vous avez mal, la perception de la douleur est directe ; il n'y a pas d'observateur qui ressent la douleur : il n'y a que la douleur. Et parce qu'il n'y a pas d'observateur, une action immédiate se déclenche - il n'y a pas d'abord l'idée, et puis l'action. Mais l'action n'a lieu qu'en cas de douleur physique, parce qu'on est en contact immédiat avec elle. Et la douleur, c'est vous : il n'y a rien d'autre que la douleur.
Tant que ce fait ne sera pas totalement compris, réalisé, exploré et profondément ressenti, tant qu'on n'aura pas saisi pleinement - et ce, non sur un plan intellectuel ou verbal - que l'observateur est ce qu'il observe, toute vie se transformera en conflit, en contradiction entre des desirs opposés, entre "ce qui devrait être " et "ce qui est".
Cela ne vous sera possible qu'à condition de savoir en toute lucidité si vous êtes ou non en position d'observateur, lorsque vous regardez une fleur, un nuage ou quoi que ce soit d'autre.
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