Octobre 2012 - MEDITATION et Liberté Bouddhisme et Spiritualité

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Octobre 2012

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La méditation consiste à se familiariser avec une nouvelle manière d’être, de gérer ses pensées et de percevoir le monde.

Lequel d'entre nous partira le premier ?
Si vous savez pratiquer correctement, vous ne serez pas désemparé lorsque vous tomberez malade, ni bouleversé lorsqu’un de vos proche décèdera. Quand vous allez dans un hôpital pour vous y faire soigner, mettez-vous dans la tête que si vous allez mieux, c’est bien ; et que si vous mourrez, ce sera bien aussi.
Je peux vous certifier que si un médecin venait m’apprendre que j’avais un cancer et que j'allais mourir dans les mois à venir, je lui répondrais : « Mais regardez donc ! vous êtes vous-même en train de mourir. La seule question qui reste en suspend est de savoir lequel de nous deux partira le premier. »

Reconnaître la mort
Le Bouddha enseigna à son disciple Ananda à voir l’impermanence, à voir la mort dans chaque respiration. Nous aussi nous devons reconnaître la mort.
Qu’est-ce que cela veut dire ?
Mourir, cela veut dire arriver au bout de tous nos doutes, toutes nos questions… être là, simplement dans la réalité du moment présent. Vous ne pouvez pas mourir demain ; vous devez mourir maintenant, à chaque instant.
Pouvez- vous le faire ? Si oui, vous connaîtrez la paix du non-questionnement.

Naissance et mort
Une bonne pratique est de vous demander à vous-même, de manière véritablement sincère :
« Pourquoi suis-je né ? ». Posez-vous cette question le matin, l’après-midi, et le soir… chaque jour. Notre naissance et notre mort ne sont que les deux faces d’une même pièce. Vous ne pouvez pas avoir l’une sans avoir l’autre. C’est vraiment amusant de voir comment face à la mort les gens sont si effrayés et tristes, alors qu’ils sont si ravis et joyeux lors d’une naissance. Ce n’est qu’une illusion, un aveuglement. Je pense que si vous deviez vraiment pleurer, ce serait lorsqu’un être naît. Pleurer à la racine, car s’il n’y avait pas de naissance, il n’y aurait pas de mort. Pouvez-vous comprendre cela ?

Dilgo Khyentsé Rinpotché, l’un des plus grands maîtres tibétains du XX è siècle aborde le concept bouddhiste de l'impermanence et de la vacuité :

La vie est aussi éphémère qu’une goutte de rosée sur un brin d’herbe.
On ne peut arrêter la mort, de même qu’on ne peut empêcher les ombres de s’étirer au soleil couchant. Vous pouvez être extrêmement beau, vous ne séduirez pas la mort. Vous pouvez être très puissant, vous ne l’influencerez pas davantage. Même les richesses les plus fabuleuses ne vous achèteront pas quelques minutes de vie supplémentaires. La mort est aussi certaine pour vous que pour celui qui a le cœur transpercé d’un poignard.
Un jour, un rude Tibétain du Khampa vint offrir une pièce de tissu à Droubthop Tcheuyoung, l’un des plus éminents disciples de Gampopa, pour lui demander des enseignements. À plusieurs reprises Droubthop Tcheuyoung renvoya le Khampa en dépit de ses multiples supplications. Comme celui-ci insistait, le maître prit finalement les mains de l’homme dans les siennes et lui répéta trois fois:
– Je mourrai ; tu mourras. Puis il ajouta :
– Voilà tout ce que mon maître m’a enseigné. C’est tout ce que je pratique. Médite simplement là-dessus. Je te promets qu’il n’y a rien de plus grand.
L’idée de la mort tourne l’esprit vers le Dharma, elle nourrit l’assiduité, et elle permet, pour finir, de reconnaître la radieuse clarté de la dimension absolue. La mort devrait toujours être l’un des sujets essentiels de vos méditations. Lorsque la véritable compréhension de l’impermanence aura commencé à poindre dans votre esprit, vous ne vous laisserez plus emporter par la discrimination entre ami et ennemi, vous serez à même de déchirer l’épais enchevêtrement des activités distrayantes et futiles, vous serez capable de puissants efforts, tout ce que vous ferez prendra la direction du Dharma, et vos qualités s’épanouiront comme jamais auparavant.

Lorsqu’un arc-en-ciel apparaît, lumineux dans le ciel, vous pouvez contempler ses belles couleurs, mais vous ne pouvez l’attraper et le porter comme un vêtement.
L’arc-en-ciel naît de la conjonction de différents facteurs, mais rien en lui ne peut être saisi. Il en va de même pour les pensées. Elles se manifestent dans l’esprit, mais elles sont dépourvues de réalité tangible ou de solidité intrinsèque. Aucune raison logique ne justifie donc que les pensées – qui sont insubstantielles – disposent de tant de pouvoir sur vous, aucune raison pour que vous en soyez l’esclave.
L’infinie succession de pensées passées, présentes et futures, nous conduit à penser qu’il existe quelque chose qui serait là de manière inhérente et permanente. Nous appelons cela l’esprit.
Mais en fait, les pensées passées sont aussi mortes que des cadavres, et les pensées futures ne sont pas encore survenues. Alors, comment ces deux catégories de pensées qui n’existent pas pourraient-elles constituer une entité qui, elle, serait existante ? Et comment la pensée présente pourrait-elle s’appuyer sur deux choses inexistantes ?
Cependant, la vacuité des pensées n’est pas simplement du vide, comme on pourrait le dire de l’espace. Il y a là, présente, une conscience spontanée, une clarté comparable à celle du soleil qui éclaire les paysages et permet de voir les montagnes, les chemins et les précipices.
Bien que l’esprit soit doué de cette conscience intrinsèque, affirmer qu’il y a un esprit, c’est apposer l’étiquette de réalité sur quelque chose qui n’en a pas, c’est énoncer l’existence d’une chose qui n’est qu’un nom donné à une succession d’événements. On peut appeler “collier ” l’objet constitué par des perles enfilées, mais ce “ collier ” n’est pas une entité douée d’une existence intrinsèque. Quand le fil casse, où est le collier ?

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