Juillet 2015 - MEDITATION et Liberté Bouddhisme et Spiritualité

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Juillet 2015

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La règle d'or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu'une partie de la vérité et sous des angles différents. Gandhi

En 1989, SS le Dalaï Lama a reçu le prix Nobel pour la Paix. Dans le discours prononcé lors de la remise du prix, SS le Dalaï Lama disait :
« Le fait d’avoir à cohabiter sur cette petite planète qu’est la Terre nous impose d’apprendre à y vivre en paix tous ensemble, en harmonie avec la nature, et il ne s’agit pas d’un rêve mais d’une nécessité. » (…) « La paix peut régner là où les droits de l’homme et de la femme sont respectés, là où les peuples sont nourris et là où les individus et nations sont libres. » (…) « Il existe des voies pour éveiller l’amour et la bonté. Pour certains d’entre nous, la plus sûre est celle de la pratique religieuse. D’autres empruntent des voies laïques. Ce qui importe est que chacun engage sérieusement sa responsabilité envers son prochain et envers l’environnement. »


"Rien ne vous emprisonne excepté vos pensées. Rien ne vous limite excepté vos peurs. Et rien ne vous contrôle excepté vos croyances."
~ Marianne Williamson ~

La recherche du bonheur égoïste semble vouée à l’échec pour plusieurs raisons. Tout d’abord, du point de vue de l’expérience personnelle, l’égoïsme, né du sentiment exacerbé de l’importance de soi, s’avère être une perpétuelle source de tourments. L’égocentrisme multiplie nos espoirs et nos craintes et nourrit les ruminations de ce qui nous affecte. L’obsession du « moi » nous conduit à magnifier l’impact du moindre événement sur notre bien-être, à regarder le monde dans un miroir déformé. Nous projetons sur ce qui nous entoure des jugements et des valeurs fabriqués par notre confusion mentale. Ces projections constantes nous rendent non seulement misérables, mais aussi vulnérables à toutes les perturbations extérieures et à nos propres automatismes de pensée, qui entretiennent en nous une sensation de malaise permanent.
Dans la bulle de l’ego, la moindre contrariété prend des proportions démesurées. L’étroitesse de notre monde intérieur fait qu’en rebondissant sans cesse sur les parois de cette bulle, nos états d’esprit et nos émotions s’amplifient de manière disproportionnée et envahissante. La moindre joie devient euphorie, le succès nourrit la vanité, l’affection se fige en attachement, l’échec nous plonge dans la dépression, le déplaisir nous irrite et nous rend agressifs. Nous manquons des ressources intérieures nécessaires pour gérer sainement les hauts et les bas de l’existence. Ce monde de l’ego est comme un petit verre d’eau : quelques pincées de sel suffisent à le rendre imbuvable. À l’inverse, celui qui a fait éclater la bulle de l’ego est comparable à un grand lac : une poignée de sel ne change rien à sa saveur. Par essence, l’égoïsme ne fait que des perdants : il nous rend malheureux et nous faisons, à notre tour, le malheur de ceux qui nous entourent.

Abreuvés d’images violentes, confrontés à une société en crise, on n’imagine pas la force de l’altruisme, le pouvoir de transformation positive qu’une véritable attitude altruiste peut avoir sur nos vies au plan individuel et, partant, sur la société toute entière. L’une de nos difficultés majeures consiste à concilier les impératifs de l’économie, de la recherche du bonheur, et du respect de l’environnement. L’économie et la finance évoluent à un rythme toujours plus rapide. La satisfaction de vie se mesure, elle, à l’aune d’un projet de vie, d’une carrière, d’une famille et d’une génération. Elle se mesure aussi à la qualité de chaque instant qui passe, des joies et des souffrances qui colorent notre existence, de nos relations aux autres. Quant à l’environnement, jusqu’à récemment, son évolution se mesurait en termes d’ères géologiques, biologiques et climatiques. De nos jours, le rythme de ces changements ne cesse de s’accélérer du fait des bouleversements écologiques provoqués par les activités humaines.
Nous avons besoin d’un fil d’Ariane qui nous permette de retrouver notre chemin dans ce dédale de préoccupations graves et complexes. L’altruisme est ce fil qui peut nous permettre de relier naturellement les trois échelles de temps — court, moyen et long termes — en harmonisant leurs exigences. Si nous avions plus de considération pour le bien-être d’autrui, les investisseurs par exemple ne se livreraient pas à des spéculations sauvages avec les économies des petits épargnants qui leur ont fait confiance, dans le but de récolter de plus gros dividendes en fin d’année. Ils ne spéculeraient pas sur les ressources alimentaires, les semences, l’eau et autres ressources vitales à la survie des populations les plus démunies. S’ils avaient davantage de considération pour la qualité de vie de ceux qui nous entourent, les décideurs et autres acteurs sociaux veilleraient à améliorer les conditions de travail, de vie familiale et sociale, et de bien d’autres aspects de l’existence. Ils seraient amenés à s’interroger sur le fossé qui se creuse toujours davantage entre les plus démunis et les plus nantis.

La deuxième raison tient au fait que l’égoïsme est fondamentalement en contradiction avec la réalité. Il repose sur un postulat erroné selon lequel les individus sont des entités isolées, indépendantes les unes des autres. L’égoïste espère construire son bonheur personnel dans la bulle de son ego. Il se dit en substance : « A chacun de construire son propre bonheur. Je m’occupe du mien, occupez-vous du vôtre. Je n’ai rien contre votre bonheur, mais ce n’est pas mon affaire. » Le problème est que la réalité est tout autre : nous ne sommes pas des entités autonomes et notre bonheur ne peut se construire qu’avec le concours des autres. Même si nous avons l’impression d’être le centre du monde, ce monde reste celui des autres.
Enfin, si nous avions davantage de considération pour les générations à venir, nous ne sacrifierions pas aveuglément le monde à nos intérêts éphémères, ne laissant à ceux qui viendront après nous qu’une planète polluée et appauvrie.

Moine bouddhiste depuis près de quarante ans, Matthieu Ricard, lui, expérimente les vertus de l'altruisme au quotidien. Au carrefour de la philosophie, de la psychologie, des neurosciences, de l’économie, de l’écologie, Plaidoyer pour l’altruisme est la somme d’années de recherches, de lectures, d’expériences, d’observation et de réflexion. Il vise à démontrer que l’altruisme n’est ni une utopie ni un vœu pieux, mais une nécessité, voire une urgence, dans notre monde de plus en plus interdépendant à l’heure de la mondialisation.
Matthieu Ricard. Plaidoyer pour l’altruisme. Nil Editions.

A méditer...
L’homme est un mammifère dans le règne animal. Il se différencie des autres parce qu’il peut s’entretuer, torturer, faire du mal, et c’est sans doute le seul à pouvoir croire en Dieu !!!
Il y a fort longtemps, un homme a décidé de tout abandonner afin de rechercher l'éveil. Siddhârta Gautama devint un jour le Bouddha, ce qui signifie « l'Eveillé ». Il fut à la base même de la religion sans dieu, celle qui accepte toutes les croyances et non-croyances. Une philosophie qui n'a jamais engendré aucune tuerie, car la non-violence est dans ses fondements. Aujourd'hui, aucun message du Bouddha n'a vieilli. En fait, ses paroles n'ont peut-être jamais été autant d'actualité. Ce sont des pensées qui ont traversé l'espace et le temps pour parvenir jusqu'à nous.
Au sujet des religions...
« Religion » vient du mot latin « religare » qui signifie « relier ». Tout dépend dont de ce à quoi l’on se relie.
Dans le cas des religions théistes, il s’agit de se relier à Dieu — qu’il soit considéré comme un créateur ou comme amour infini — et de se relier avec ce même amour à l’ensemble des êtres qu’il a créé.
Dans le cas de religions non-théistes comme le Bouddhisme, il s’agit de se relier à la nature de l’Éveil, la « nature de Bouddha » qui est présente en chaque être, même si elle est masquée par les voiles de l’ignorance, tout comme une pépite d’or peut être enfouie dans sa gangue. Il s’agit également de comprendre que l’interdépendance de toutes choses constitue la trame de la réalité.
Dans le cas d’une spiritualité séculière, cela peut consister à se relier à l’ensemble des êtres sensibles en comprenant notre interdépendance fondamentale et à se relier à une vision intellectuelle et expérientielle qui transcende les limitations de l’individualisme matérialiste.
Dans tous les cas, il semble que l’amour altruiste, la compassion, et la solidarité constituent le dénominateur commun et essentiel que nous pouvons tous placer au cœur de notre existence et qui nous permet de nous transformer nous-mêmes pour mieux servir autrui.
Au sujet de nos jugements...
Notre adversaire déclaré devrait être les émotions perturbatrices, et non pas nos semblables, eux aussi affligés et submergés par elles.
La compassion sans action est hypocrite...
Comme le dit Shantidéva : "Tout le bonheur du monde vient d’un cœur altruiste, et tout son malheur de l’amour de soi. A quoi bon tant de paroles ? Le sot est  attaché à son propre intérêt, et le Bouddha se dévoue à l’intérêt d’autrui. Vois par toi-même la différence !"
Quand on pense à tous les êtres qui souffrent sans être secourus, on ne peut qu’être soulevé par une immense compassion qui doit s’étendre à chacun d’eux, amis comme ennemis. Cette compassion ne suffit bien sûr pas : les êtres ont besoin d’aide. Cependant, l’aide immédiate que nous pouvons leur apporter en leur offrant de la nourriture, des vêtements, de l’argent ou de l’affection, si vitale soit-elle, ne peut, dans le meilleur des cas, que soulager temporairement leurs souffrances.
Si l’on veut apporter aux autres un bien-être durable, il faut d’abord se transformer soi-même.
"Je ne serais pas très original, je vous souhaite de bonnes vacances !"
 
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