Mars 2016 - MEDITATION et Liberté Bouddhisme et Spiritualité

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Mars 2016

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Mettre fin au conflit dans tous nos rapports
Notre demande centrale est donc de voir s’il est possible de mettre fin au conflit dans tous nos rapports – à la maison, au bureau, dans tous les domaines de notre vie – d’en finir avec le conflit. Sans nous replier dans l’isolement, nous faire moine, ou nous retirer dans quelque recoin de notre imagination ou de nos fantasmes ; cela signifie comprendre le conflit tout en vivant dans ce monde. Car, tant que subsiste un conflit quelconque, il est évident que nos esprits, nos coeurs, nos cerveaux ne peuvent fonctionner à pleine capacité. Ils le peuvent seulement quand n’existe aucune friction, et dans la clarté. Et la clarté n’est là que lorsque l’esprit dans son entier – l’organisme physique, les cellules cérébrales et la totalité de ce qu’on appelle l’esprit – est en état de non conflit, quand il fonctionne sans aucune friction ; ce n’est qu’alors que la paix peut exister.
Ne pas enregistrer l’insulte ou la flatterie
Est-il possible de ne pas enregistrer cette blessure au moment précis où je me fais traiter d’idiot ? De ne pas enregistrer la blessure, mais la flatterie non plus ? Est-il possible de n’enregistrer ni l’une ni l’autre ? Le cerveau est dressé à enregistrer, cela lui procure sécurité, tranquillité, l’impression d’être en vie ; en enregistrant, l’esprit construit l’image de soi. Et cette image sera blessée sans arrêt.
Est-il possible de vivre sans une seule image de moi-même, ou de mon mari, de ma femme, de mes enfants, de mon entreprise, ou bien des hommes politiques, des prêtres, ou encore d’un idéal – pas le moindre semblant d’image ? C’est possible, et faute de le découvrir vous serez toujours blessé, vous vivrez toujours dans un système privé de liberté. Lorsque vous êtes totalement attentif, l’enregistrement n’a pas lieu. Ce n’est que dans l’inattention que j’enregistre. Exemple : vous me flattez, cela me plaît ; que cela me plaise est de l‘inattention, donc l’enregistrement se déclenche. Mais, quand vous me flattez, si j’écoute totalement sans aucune réaction, il n’y a pas de centre pour enregistrer.
C’est l’image qui est blessée
Qu’est-ce qui est blessé ? On dit : c’est moi qui suis blessé. Qu’est-ce que ce "moi" ? Depuis l’enfance, on s’est bâti une image de soi. On a beaucoup, beaucoup d’images, celles que les gens vous ont appliquées, mais aussi celles qu’on a fabriquées soi-même : je suis Américain – c’est une image – ou hindou, ou spécialiste. Donc le "moi" est l’image qu’on a composée de soi-même, un grand homme ou un homme très bien, et c’est cette image qui est blessée. On a l’image d’être un grand orateur, un grand écrivain, un être spirituel, un leader. Ces images sont le principe vital du moi ; quand quelqu’un dit : je suis blessé, il veut dire que ses images sont blessées. Si j’ai une image de moi et que quelqu’un vienne dire : "Ne soyez pas stupide", je suis blessé. L’image que j’ai de moi-même, que je ne suis pas stupide, c’est "moi" et c’est cela qui est blessé. On traîne cette image et cette blessure toute sa vie.
Etre blessé tout au long de sa vie
Prenons par exemple la blessure dont chaque être humain souffre depuis l’enfance. On est blessé par ses parents, psychologiquement. Puis on est blessé à l’école, à l’université, la comparaison, la compétition, on nous dit qu’on devrait être meilleur dans cette matière, et ainsi de suite. On est constamment blessé, tout au long de la vie. On sait cela, on sait que les êtres sont blessés, profondément, même s’ils n’en sont pas conscients, et que de là dérivent toutes sortes d’actions névrotiques. C’est un élément de notre conscience, moitié caché, moitié visible, ce sentiment d’être blessé. 
Alors, est-il possible de ne pas être blessé du tout ? Car être blessé appelle l’édification d’un mur autour de soi, un repli dans la relation avec l’autre dans le but de ne pas être à nouveau blessé. Il y a là de la peur, et un isolement graduel. Ici, nous demandons : est-il possible de se libérer des blessures passées mais aussi de ne plus jamais être blessé à l’avenir ?
Comme deux lignes parallèles
Regardons la relation réelle entre l’homme et l’homme ou la femme, entre deux êtres humains : nous nous demandons pour quelle raison il y faut autant d’effort, d’anxiété, de souffrance ? Deux êtres humains en relation, mariés ou non, se rencontrent-ils jamais, psychologiquement ? Ils peuvent se retrouver physiquement, au lit, mais, en eux-mêmes, psychologiquement, ne sont-ils pas comme deux lignes parallèles, chacun menant sa propre vie, poursuivant sa propre ambition, sa propre réalisation, sa propre expression ?
De ce fait, comme deux parallèles, ils ne se rencontrent jamais, d’où les querelles, l’affrontement, la douleur de ne pas avoir de rapports réels. Ils disent être en relation mais ce n’est pas vrai, ce n’est pas sincère, car chacun a une image de lui-même. En plus de cette image, chacun a une image de celui ou celle avec qui il vit. En fait, nous avons deux, ou de multiples images.
Il y a relation entre deux images
Pourquoi, malgré les millions d’années de son existence sur terre, l’être humain – nous – s’est-il montré incapable de résoudre ce problème de relation ? Est-ce parce que, chacun ayant sa propre image composée par la pensée, nos rapports sont fondés sur deux images, celle que l’homme se crée de la femme et celle que la femme se crée de l’homme ? Ainsi, dans cette relation, nous sommes deux images vivant en couple. C’est un fait. Si vous vous observez de tout près, si je puis vous le faire remarquer, vous vous êtes fabriqué une image d’elle et elle a fabriqué une image, une structure verbale, de vous. Donc il y a relation entre ces deux images. Ces images ont été composées par la pensée. Et la pensée n’est pas l’amour.


D'après un enseignement en 1968 de Jiddu KRISHNAMURTI
 
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