Octobre 2016 - MEDITATION et Liberté Bouddhisme et Spiritualité

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Octobre 2016

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LA LIBERTE DE PENSEE N'EXISTE PAS
penser et pensée... une différence
Florent Pagny "Ma liberté de penser"
La liberté de pensée n'existe pas
Je ne sais pas s'il est clair pour nous tous que nous passons notre vie dans un état de contradiction. Nous parlons de paix, et nous préparons la guerre. Nous parlons de non-violence, et nous sommes fondamentalement violents. Nous parlons de bonté, et nous ne sommes pas bons. Nous parlons d'amour, et nous sommes dévorés d'ambition, imbus d'un esprit de compétition, d'efficacité sans scrupules. Il y a donc contradiction. Toute action née de la contradiction n'aboutit qu'à la frustation et à de nouvelles contradictions.
C'est que, voyez-vous, toute pensée n'est que fragmentaire ; elle ne peut jamais être totale. La pensée est la réponse de la mémoire, et la mémoire est toujours fragmentaire, car la mémoire est le résultat de l'expérience vécue, la pensée est donc la réaction d'un esprit qui est conditionné par l'expérience.
Toute forme de pensée, d'expérience, de savoir, est inévitablement parcellaire ; la pensée est donc impuissante à résoudre les nombreux problèmes qui sont les nôtres.
Vous avez beau essayer de raisonner sur ces problèmes de manière saine et logique, il vous suffira d'observer votre propre esprit pour constater que votre mode de pensée est conditionné par votre condition sociale, par l'environnement culturel dans lequel vous êtes né, par les aliments que vous consommez, par le climat sous lequel vous vivez, par les journaux que vous lisez, par les pressions et les influences subies dans votre vie quotidienne...
Nous devons donc comprendre de façon très claire que notre pensée, c'est la réponse de la mémoire, et que la mémoire fonctionne mécaniquement. Le savoir sera toujours incomplet, et toute pensée issue du savoir est limitée, parcellaire, et n'est jamais libre.
La liberté de pensée n'existe pas, mais nous pouvons commencer à découvrir une liberté qui n'est pas un processus de pensée, et dans laquelle l'esprit a simplement conscience de tous ses conflits et de toutes les influences auxquelles il se heurte.
La mémoire n'a pas d'existence en soi
Qu'entendons-nous par ce terme de "pensée" ? A quel moment pensez-vous ? Il est évident que la pensée est le résultat d'une réponse, neurologique ou psychologique, n'est-ce pas ? C'est la réponse immédiate des sens à la sensation, ou c'est psychologique : la réponse des souvenirs accumulés. Il y a donc d'une par la réponse immédiate des nerfs à la sensation, et il y a d'autre part la réponse psychologique des souvenirs emmagasinés, l'influence liée à la race, au groupe, au gourou, à la famille, à la tradition, et ainsi de suite - tout cela étant ce qu'on appelle la pensée.
Donc le processus de la pensée est la réponse de la mémoire, n'est-ce pas ? Vous n'auriez pas de pensées si vous n'aviez pas de mémoire, et c'est la réponse de la mémoire à une expérience donnée qui met en action ce processus de la pensée.
Qu'est-ce donc la mémoire ? Si vous observez votre propre mémoire et la façon dont vous emmagasinez les souvenirs, vous remarquerez que la mémoire se rapporte à des faits, des techniques, à l'information, à l'art de la mécanique, aux mathématiques, à la physique, etc., ou bien qu'ell est le résidu d'une expérience incomplète, inachevée, n'est-ce pas ?
Lorsque vous allez jusqu'au bout d'une expérience, qu'elle est achevée, elle ne laisse aucun souvenir au sens d'un résidu psychologique. Il n'y a de résidu que lorsqu'une expérience n'est pas pleinement comprise, et nous ne comprenons pas l'expérience parce que nous regardons chaque expérience à travers le prisme des souvenirs passés, c'est pourquoi nous ne rencontrons jamais l'inédit sous sa forme de chose neuve, mais toujours à travers l'écran de ce qui est vieux.
Il en résulte clairement que notre réponse à l'expérience est conditionnée, toujours limitée.
Bon, il est temps de vous offrir ces bambous
Le bambou est un symbole commun à plusieurs pratiques contemplatives.
Le coeur de ses tiges est en effet creux, ce qui, pour les maîtres zen et taoïstes, illustre la plénitude du néant que l'on obtient en faisant le vide en soi pour atteindre le détachement. Lâcher prise, paix intérieure, sagesse... je vous souhaite ce grand voyage intérieur.

d'après un enseignement de Jiddu Krishnamurti (1895-1986)




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