Juin 2015 - MEDITATION et Liberté Bouddhisme et Spiritualité

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Juin 2015

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AUTOUR DE LA PENSEE DE KRISHNAMURTI 2/2

Vous êtes le monde
Vous êtes le monde, vous n’êtes pas séparés du monde. Vous n’êtes pas américain, russe, hindou ou musulman. A part les mots et les étiquettes, vous êtes le reste de l’humanité parce que votre conscience, vos réactions sont identiques à celles des autres. Vous parlez peut-être une autre langue, vous suivez des coutumes différentes, ceci est de la culture superficielle – toutes les cultures semblent assez superficielles – mais votre conscience, vos réactions, votre foi, vos croyances, vos idéologies, vos peurs, vos angoisses, votre solitude, votre souffrance et votre plaisir sont les mêmes que ceux du reste de l’humanité. Si vous changez, cela affectera l’ensemble de l’humanité.

La pensée manœuvre entre plaisir et douleur
La question est celle-ci : pourquoi la pensée, toujours, évite la peur et s’accroche au plaisir ? C’est une question. Pourquoi la pensée interfère-t-elle avec une expérience ? Vous comprenez ? J’ai une expérience de coucher de soleil, à ce moment précis il n’y a pas à penser du tout, je suis simplement en train de regarder la beauté de cette lumière. Le pensée entre en scène et dit : "je veux revoir ceci demain". L’expérience devenue savoir, c’est-à-dire plaisir, demande à être répétée. J’ai eu une douleur, j’ai le souvenir de cette douleur, donc un savoir, et à partir de ce savoir, ou à cause de ce savoir, la pensée dit : "je n’en veux surtout pas". Vous comprenez ? La pensée fait cela tout le temps, manœuvrant entre le plaisir et la douleur. Or elle est responsable des deux.

Le désir est un feu brûlant
Pourquoi toutes les religions, tous les soi-disant religieux, ont-ils réprimé le désir ? Dans le monde entier, les moines, les sannyasis, ont réprimé leur désir, tout en en étant intérieurement dévorés. Le désir est un feu brûlant, mais ils le nient en le réprimant, ou en l’identifiant à un symbole, un personnage, et en s’en remettant à ce personnage, à cette personne. Mais c’est toujours du désir. Nous aussi, quand nous nous rendons compte de nos désirs, nous les réprimons, ou nous nous y abandonnons, ou nous nous mettons à lutter; et la bataille fait rage. Nous ne préconisons ni de réprimer, ni de laisser faire, ni de contrôler. Cela a été tenté par chaque personne religieuse à travers le monde. Nous l’examinons de tout près afin que de notre propre compréhension de ce désir, de la façon dont il surgit, de sa nature, de la conscience que nous en avons, nous devenions intelligent. C’est alors cette intelligence qui agit, et non le désir.

La vie frappe sans cesse à la porte
Quand nous fermons portes et fenêtres et restons à l’intérieur de notre maison, nous nous sentons très en sécurité, en lieu sûr, hors de danger. Mais la vie n’est pas comme ça. La vie frappe sans cesse à la porte, elle force nos fenêtres à s’ouvrir pour nous faire voir plus; et si, par peur, nous bloquons les portes et condamnons les fenêtres, la vie frappe encore plus fort. Plus nous nous agrippons à la sécurité sous une forme ou une autre, plus la vie surgit et nous bouscule. Plus nous avons peur et nous refermons sur nous-mêmes, plus la souffrance grandit, parce que la vie ne nous laisse pas tranquilles. Nous voulons la sécurité et la vie dit que cela ne se peut pas; c’est là que commence notre bataille.

L’homme a divisé la terre
C’est notre terre, pas la vôtre, la mienne ou la sienne. Nous sommes faits pour vivre dessus, en nous entraidant, pas en nous détruisant. Ceci n’est pas une sottise romantique mais le fait concret. Pourtant l’homme a partagé la terre dans l’espoir de trouver dans cette partition le bonheur, la sécurité, un sentiment de bien-être durable. A moins d’un changement radical qui nous débarrasse de toute nationalité, de toute idéologie, de toute séparation religieuse et établisse une relation globale – d’abord psychologique, intérieure, avant d’organiser l’extérieur – nous continuerons les guerres. Si vous blessez, si vous tuez un autre, sous l’effet de la colère ou au cours d’un de ces meurtres organisés qu’on appelle guerre, vous – qui êtes le reste de l’humanité et non un humain séparé luttant contre le reste de l’humanité – vous vous détruisez vous-même.

Le formidable besoin d’attachement
Notre relation c’est : possessivité, attachement, diverses formes d’intrusion dans la vie de l’autre. Qu’est-ce que l’attachement ? Pourquoi ce formidable besoin d’attachement ? Quelles en sont les implications ? Pourquoi est-on attaché ?  Dans l’attachement à une chose, il y a toujours la peur, la peur de la perdre. Il y a toujours un sentiment d’insécurité. Je vous en prie, voyez-le par vous-même. Il y a toujours un sentiment de séparation. Je suis attaché à ma femme. Je lui suis attaché parce qu’elle me donne du plaisir sexuel, qu’elle me donne du plaisir comme compagne : vous n’avez pas besoin que je vous dise tout cela, vous le savez fort bien. Donc je me suis attaché à elle, ce qui fait que je suis jaloux, que j’ai peur. Quand il y a de la jalousie, il y a de la haine. Et l’attachement est-il l’amour ?

Une crise dans la conscience
Nous sommes en face d’une crise monumentale ; une crise que les politiciens ne peuvent résoudre parce qu’ils sont programmés à penser d’une certaine façon – les hommes de science ne sont pas plus capables de comprendre ou de résoudre la crise; ni le monde des affaires, le monde de l’argent. Le virage à prendre, la perception décisive, le défi, ne se trouvent ni en politique, ni en religion, ni dans la science : ils se trouvent au sein de notre conscience. Il faut comprendre ce qu’est la conscience de l’humanité, celle qui nous a menés là où nous sommes.

La division entre l’homme et l’homme
Il faut se demander pourquoi cette division – le Russe, l’Américain, le Britannique, le Français, l’Allemand… – pourquoi cette division entre l’homme et l’homme, race contre race, culture contre-culture, un type d’idéologie contre un autre ? Pourquoi ? Pourquoi cette séparation ? L’homme a partagé la terre entre ma terre et votre terre, pourquoi ? Est-ce parce que nous cherchons la sécurité, l’autoprotection au sein d’un groupe particulier ou d’une croyance, d’une foi particulière ? Car les religions aussi ont divisé l’homme, dressé l’homme contre l’homme – les hindous, les musulmans, les chrétiens, les juifs, etc. Le nationalisme, avec son tragique patriotisme, n’est en fait qu’une forme améliorée, une forme distinguée de tribalisme. Dans une tribu, petite ou grande, règne un sentiment d’être ensemble, de parler la même langue, de partager les mêmes superstitions, le même système politique ou religieux. Alors on se sent en sécurité, protégé, heureux, soutenu. Pour avoir cette sécurité, ce soutien, nous voulons bien en tuer d’autres qui ont le désir identique de se sentir en sécurité, protégé, d’appartenir à quelque chose. Ce désastreux désir d’identification avec un groupe, un drapeau, un rituel religieux nous donne le sentiment d’avoir des racines, de ne pas être des vagabonds sans attaches.

Mourir pour renaitre ou mourir à son vieux corps !
Krishnamurti* a fondé sa pensée que le changement de la société, ne pouvait que passer que par le bouleversement radical de l’individu. C’est en sorte, mourir à son vieux corps, afin d’accéder à une vraie liberté, que ni les religions, ni les idéologies de toutes sortes, ne sont capables de produire.
*Jiddu Krishnamurti (1895-1986) est un philosophe d'origine indienne promoteur d'une éducation alternative. Apparue au sein de la théosophie et de la contreculture des années 1960, sa pensée exerça une influence notable sur des auteurs et des personnalités de différentes disciplines.

 
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