Mai 2015 - MEDITATION et Liberté Bouddhisme et Spiritualité

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Mai 2015

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AUTOUR DE LA PENSEE DE KRISHNAMURTI 1/2

La pensée de Krishnamurti
La pensée de Krishnamurti est, selon lui, résumée dans son texte de 1980 « Le cœur des enseignements ». Il se fonde sur sa citation de 1929, selon laquelle « La Vérité est un pays sans chemins ». L'acquisition de cette « vérité » (qu'il appelait aussi « l'art de voir ») ne peut, selon lui, se faire au travers d'aucune organisation, aucun crédo, aucun dogme, prêtre ou rituel, ni aucune philosophie ou technique psychologique. Elle serait mieux connue par le miroir des relations et l'observation du contenu de son propre esprit. Les images, les symboles, les idées, les croyances seraient tous des obstacles et la cause des difficultés humaines. La perception de la vie serait conditionnée par les concepts enracinés dans l'esprit. L'individu ne serait ainsi que le produit superficiel d'une culture. À partir de ce constat, une liberté peut être entrevue dans l'observation attentive de son propre manque de liberté. La connaissance du mouvement de ses propres pensées révèle l'esclavage au passé, la division entre le penseur et sa propre pensée, l'observateur et l'objet d'observation, l'expérimentateur et son expérience. Quand cette division se résorbe, l'observation « pure », libérée du temps et des conditionnements provoquerait une mutation radicale de l'esprit. Bien que sujet britannique par sa naissance dans la période où l'Inde était sous administration britannique, puis résident américain (un visa qu'il devait renouveler pour demeurer à Ojai en Californie – La ville est connue pour avoir été le lieu de résidence de Jiddu Krishnamurti de 1922 à 1986), il se disait libre de toute nationalité (comme de toute culture ou religion) parce que, selon lui, l'attachement à la nationalité provoque la séparation qui est à son tour à l'origine des conflits.

Nous sommes le reste de l'humanité
Notre conscience est celle du reste de l’humanité. C’est logique. Vous pouvez ne pas être d’accord, et dire : "ma conscience est indépendante et doit être indépendante", mais est-ce ainsi ? Si l’on comprend la nature de ceci, on voit que l’homme est le reste de l’humanité. On peut porter un nom différent, vivre dans une autre région du monde, être éduqué d’une certaine manière, on peut être aisé ou très pauvre, mais si l’on va loin derrière les masques, on est comme le reste de l’humanité – malheureux, seul, souffrant, désespéré, névrotique, ayant foi en quelque illusion et ainsi de suite. À l’Est comme à l’Ouest, c’est ainsi. Il est possible que l’on n’aime pas ça, qu’on préfère penser que l’on est totalement indépendant, un individu libre, mais, si l’on examine très profondément, on est le reste de l’humanité.

Ce n’est pas une pensée individuelle
Votre conscience n’est pas plus à vous que ne l’est votre pensée.
Ce n’est pas une pensée individuelle. Penser est commun, universel, du villageois le plus pauvre, le moins raffiné, le moins éduqué jusqu’au cerveau le plus sophistiqué – les grands savants – tous pensent. La pensée peut être plus complexe, mais penser est universel, partagé par tous les êtres humains. Ce n’est donc pas votre pensée individuelle. C’est assez difficile de le voir, d’en percevoir la vérité, car nous sommes tellement conditionnés à nous considérer comme individus. Tous vos livres religieux – chrétien, musulman ou autre – soutiennent et nourrissent cette idée, ce concept d’individu. Il vous faut remettre cela en cause. Il vous faut découvrir la vérité en la matière.

La base commune
Ceci est la base commune sur laquelle se tient l’humanité tout entière.
Quoi qu’il se produise dans le champ de cette conscience, nous en sommes responsables. Je m’explique : si je suis violent, j’ajoute de la violence à cette conscience qui nous est commune. Si je ne suis pas violent, je n’y ajoute pas, j’introduis un facteur entièrement nouveau dans cette conscience. Je suis donc pleinement responsable. Je peux contribuer à cette violence, à cette confusion, à cette terrible division; ou je peux reconnaître profondément, dans mon cœur, dans mes veines, aux tréfonds de mon être, que je suis le reste du monde, que je suis l’humanité, que je suis le monde, que le monde n’est pas séparé de moi : je deviens alors totalement responsable.

Notre activité quotidienne est presque entièrement centrée sur nous-mêmes
Elle repose sur un certain point de vue,
certaines expériences personnelles et idiosyncrasies. Nous pensons en termes de famille, de travail, de ce que nous voulons obtenir, et aussi selon nos peurs, nos espoirs et nos découragements. Le tout est bien sûr centré sur nous-mêmes, le résultat étant qu’on s’isole soi-même, comme on peut le voir dans la vie de chaque jour. Nous avons nos désirs secrets, nos démarches cachées et nos ambitions, et nous n’avons jamais de relation profonde avec nos femmes, nos maris, ou nos enfants. Cet isolement résulte aussi de notre fuite face à l’ennui du quotidien, aux frustrations et à la trivialité de notre vie ordinaire. Il est également causé par les échappatoires variées au sentiment phénoménal de solitude qui nous accable lorsque nous sentons soudain que nous n’avons de relation avec rien, que tout est hors de portée, qu’il n’y a aucune communion, aucune relation avec quiconque.

La seule chose qui vous reste
Intellectuellement, vous êtes asphyxiés ;
vous n’avez jamais une pensée personnelle ou originale, vous répétez; vous accumulez un savoir livresque, vous pouvez répéter d’interminables phrases de la Gita, du Coran ou du dernier écrivain, etc. Donc, intellectuellement, vous êtes bridés, asphyxiés, contrôlés, moulés, il n’y a aucune libération, intellectuellement. Ni émotionnellement – émotionnellement, pas dans le sens sentimental… Donc la seule chose qui nous reste est le sexe. Refoulés intellectuellement et émotionnellement, nous n’avons pas d’exutoire, pas de sensibilité. Et naturellement, la seule chose qui nous reste est le sexe. Au bureau, dans la vie de tous les jours, vous êtes insultés. La laideur de l’existence moderne où vous n’êtes qu’un rouage dans une gigantesque mécanique sociale – regardez-vous vous-mêmes, je vous en prie. Alors la femme, et le mari, et le sexe – le sexe devient incroyablement important, hors de proportion, et le sexe devient donc un problème.

Le désir fait partie du plaisir
La satisfaction du désir est le propre du plaisir
. Le désir peut causer le désordre – chacun voulant satisfaire son désir particulier. Donc nous allons ensemble examiner si le désir ne serait pas la cause principale du désordre; nous devons explorer le désir, pas le condamner, ni l’esquiver, ni le réprimer. La plupart des religions ont ordonné de supprimer le désir, ce qui est une absurdité. Alors regardons-le. Qu’est-ce que le désir ? Posez-vous la question. Il est probable que vous n’y avez jamais pensé. Nous l’avons admis comme faisant partie de la vie, comme l’instinct naturel de l’homme et de la femme, et nous disons : "pourquoi en faire une histoire ?". Les gens qui ont renoncé au monde, qui entrent au monastère ou autre, tentent de sublimer leurs désirs en adorant un symbole ou un personnage. Comprenez bien que nous ne condamnons pas le désir. Nous essayons de découvrir ce qu’il est, pourquoi l’homme, pendant des millions d’années, a été pris physiquement et psychologiquement dans ce piège du désir, dans ce filet du désir.

S’asseoir sous un arbre
Vous savez, vous avez été éduqué à n’être jamais seul. Allez-vous jamais en promenade tout seul ? C’est très important de partir seul, de vous asseoir sous un arbre – pas avec un livre, ni avec un ami, vous seul – et observer la chute d’une feuille, entendre le clapotis de l’eau, le chant du pêcheur, regarder le vol d’un oiseau, et vos propres pensées qui se chassent l’une l’autre dans l’espace de votre esprit. Si vous êtes capable d’être seul et de regarder ces choses, vous allez découvrir des richesses inouïes qu’aucun gouvernement ne peut taxer, qu’aucune organisation humaine ne peut corrompre, qui ne peuvent jamais être détruites.

Mourir pour renaitre ou mourir à son vieux corps !
Krishnamurti* a fondé sa pensée que le changement de la société, ne pouvait que passer que par le bouleversement radical de l’individu. C’est en sorte, mourir à son vieux corps, afin d’accéder à une vraie liberté, que ni les religions, ni les idéologies de toutes sortes, ne sont capables de produire.
*Jiddu Krishnamurti (1895-1986) est un philosophe d'origine indienne promoteur d'une éducation alternative. Apparue au sein de la théosophie et de la contreculture des années 1960, sa pensée exerça une influence notable sur des auteurs et des personnalités de différentes disciplines.

Suite des pensées 2/2
JUIN 2015
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